Black lives matter

Je ne suis pas venu découvrir les violences policières en France. Ce n’est pas un fait relatif uniquement à la couleur de peau. Cela existe aussi bien en Afrique; juste que ça choque moins ou du moins c’est perçu comme normal quand des policiers déshabillent des hommes, des femmes, des élèves, des militants, des homosexuels avant de les bastonner sans que cela ne soit puni.

Ce qui me pose problème c’est le fait que des personnes instituées pour être gardiens de la paix, se comportent comme des intouchables, qu’elles se croient garants de vie ou de mort sur des civils, tels des enfants pourris gâtés qui peu importe la gravité physique et psychologique de leurs actes resteront impunis. C’est ce qui me pose problème.

La violence policière je l’ai vécu.

Pour la petite histoire. Mon lycée se trouvait à côté d’un camp militaire et de la plage dont l’accès était interdit aux élèves. Apres les cours mon copain et moi étions à la plage afin d’avoir notre petite bulle d’amoureux vu que c’est le seul endroit où on pouvait passer du temps seul. Comme des adolescents aux hormones en feu nous roucoulions en regardant un film. Quand un homme en civil marchant sur la plage est arrivé vers nous, demande ce qu’on fait nous répondîmes: « rien » et gifla avec mon copain avant de venir vers moi. Ce dernier voulant me défendre ramasse le premier bois devant lui et le somme par l’arrière avant de me prendre par la main pour fuir. Dans la panique, je cours vers des militaires en uniformes criant en pleure  » Au secours, on se fait agresser par un homme » et là j’entends une voix derrière qui dit: « attrapez la! ». C’était l’homme que nous avions sommé qui le dit à ses collègues. Ils ont pris mes affaires, ont volé mon ordinateur, m’ont forcé à faire venir mon copain pour le bastonner.

Au lieu de m’emmener chez le proviseur du lycée ils m’ont fait passer par l’arrière pour pas que je sois vu des enseignants, ni de mes amis. Ils nous ont conduit chez nos parents disant nous avoir vu faire une sextape, notre parole ne valait rien parce que les policiers ont toujours raison. Des années plus tard je voyais cette même bande raquetter d’autres élèves impunément. Des années plus tard mon petit frère était dans ce lycée, il y’a eu d’autres problèmes avec ce même régiment.

La supériorité

Qu’est ce qui permet à un homme en uniforme d’étouffer, de tuer, de violenter sereinement un être humain comme lui, devant des gens qui le filment si ce n’est le sentiment de puissance que lui confère son uniforme, son arme, et tout le système étatique qu’il y’a derrière lui? Quand la race entre en jeu qu’est ce qui le motive à le faire si ce n’est la haine de l’autre? Cette haine résulte de quoi? Quel message cela renvoi? Toutes ces questions me taraudent.

Black Lives Matter

Les violences policières touchent les femmes aussi. Des policiers qui mettent leur main à des parties intimes ou qui nous désignent avec des noms obscènes ce n’est pas moi qui l’invoque pour la première fois ici on en voit peu mais ça existe. En tant que femme noire j’ai peur pour moi, pour mes descendants, mais surtout pour mon petit frère.

Hier encore on parlait au téléphone il me disait qu’il traine avec ses amis au parc, je lui dit « fais attention à toi. N’attire pas trop l’attention sur toi, ne t’habille pas trop en survêtement. Tu sais tu es un homme, noir t’habiller en survêtement c’est t’ajouter un handicap supplémentaire ». C’est triste à dire mais c’est le quotidien. Un jeune homme blanc qui s’habille en gotique c’est parce qu’il est influencé par la musique qu’il écoute on ne le suspecte pas de drogue, ni de satanisme. Mais un jeune homme noir qui s’habille en survêtement non il n’est pas influencé par la musique qu’il écoute. Il est juste une racaille, un voleur, un jeune homme de cité…

En tant que noire je stresse à chaque fois que je vois la police. Je fais le détour quand il y’a un attroupement de policier. La dernière fois que j’ai été dans un commissariat j’ai fait une crise d’angoisse par peur pour ma vie. C’est fou à dire, c’est peu être invraisemblable, mais voici les conséquences des violences policières. J’ai pu lire un article de cases rebelles qui a fait sens à mes angoisses à chaque fois qu’il y’a une vidéo.

Tous concernés

Je redoute de recevoir un coup de fil m’annonçant qu’un de mes proches a été étouffé, sodomisé ou autre chose du genre par un corps habillé. Je redoute de ne pas être sereine quand j’aurais des enfants. Quand je vois le militantisme d’Assa Traoré je me dis aujourd’hui c’est elle mais demain ça peut être moi. Ça déchire le coeur mais ça n’arrive pas que chez les autres. Il faut pas attendre que cela arrive pour porter sa voix à sa petite échelle. Ce n’est pas un problème de blanc, de noirs, de jaune mais nous sommes tous concernés.

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